Une journée dans un orphelinat tenu par des moines

J’ai eu la chance, lors de ma deuxième visite à Mandalay, de passer une journée dans un orphelinat à 50 minutes de la ville. L’établissement est tenu par les moines qui s’occupent bénévolement d’une soixantaine de petits garçons.

PAR OÙ COMMENCER

Je parraine un petit garçon birman qui vit dans un village excentré de Bagan et avant de m’y rendre pour faire sa connaissance, j’ai passé deux jours à Mandalay avec une amie. Souhaitant profiter d’être dans une grande ville pour acheter du matériel scolaire pour son école, je demande conseil au chauffeur de tuk-tuk qui m’a fait visiter les alentours la veille.

Nous discutons et il me parle alors de cet orphelinat, qui je le précise, n’est en rien un lieu de visite pour les touristes. Après quelques minutes de discussion où il m’apprend que l’endroit existe uniquement grâce aux dons, je lui dis que je souhaiterais participer en offrant quelque chose qui leur serait nécessaire.

Nous voilà donc partis tous les trois, son tuk-tuk remplis de petits cahiers et stylos de toutes les couleurs, une partie que j’emporte à Bagan et l’autre que nous allons offrir à ces petits.

UNE FOIS SUR PLACE

Ce sont uniquement des garçons, ils sont une soixantaine âgés de 4 à 16 ans et sont élevés et éduqués par une dizaine de moines qui les a recueilli dans un grand monastère. Lorsque nous arrivons, ils rentrent de l’école pour la pause déjeuner. Ce jour-là une famille birmane a fait don d’une semaine de nourriture. Les donateurs sont sur place, et un grand repas soigneusement préparé par les filles du village (elles aident bénévolement les moines dans les tâches du quotidien comme la cuisine) est déjà dressé sur les tables.

Le moine le plus âgé nous salue, et notre guide lui explique la raison de notre présence. Nous sommes invités à entrer et à « assister » au déjeuner des enfants. Je suis un peu gênée au début, j’ai l’impression d’être intrusive et un peu voyeuse, mais je comprend vite qu’ici, les choses ne sont pas ressenties de la même façon.

Il est vrai qu’en France, nous sommes relativement pudiques lorsqu’il s’agit de faire un don, mais en Birmanie (comme dans d’autres pays d’Asie), il n’est pas mal vu d’être présents et de « regarder » les gens profiter de ce qu’on leur offre.
Ainsi, le guide, mon amie et moi, ainsi que la famille birmane qui a offert les repas nous tenons discrètement dans un coin de la pièce et assistons en silence au repas des enfants. Je trouve cela un peu étrange mais j’essaye de faire abstraction de mes « coutumes » et je reconnais que je ne mets pas longtemps à être attendrie par tous ces petits.

UN EMPLOI DU TEMPS BIEN CADRÉ

Ils prient d’abord en chantant, puis s’assoient et dégustent leur déjeuner dans un rythme bien cadencé. Les moines ont déjà déjeuné, et veillent sur la petite troupe. Une fois les assiettes finies, c’est visiblement l’heure de la douche.

Les mamans de substitution passent pour une deuxième tournée

J’assiste spectatrice, sans oser trop bouger, consciente de vivre une expérience humaine hors du commun. Les enfants nous jettent des coups d’oeil curieux, timides, certains plus insistants se demandant sûrement qui nous sommes et d’où nous venons.

Les moines ne parlent pas anglais et notre guide fait office de traducteur pour les quelques mots que nous échangeons.

Après la douche, les enfants ont bien mérité une petite pause pour jouer dans la cour avant de retourner à l’école. Je ne ressens ni misère ni malheur dans ce que je vois, j’ai plutôt l’impression d’être dans une colonie de vacances.
Il y a beaucoup d’amour et de rires, et je me rend compte, avec mes yeux de privilégiée, que les enfants savent s’amuser avec peu. Ici, pas de balle de foot, mais qu’à cela ne tienne, on improvise une partie et la tong du plus grand fera office de ballon !

Le plus jeune garçon sort de la douche, habillé tant bien que mal, la chemise mal boutonnée. Le grand moine lui fait signe de venir vers lui et lui remet les boutons en ordre, glissant au passage quelques bonbons dans la poche de sa chemise.

Lorsque l’heure est venue pour les enfants de retourner à l’école, nous sommes invités à déjeuner mon amie, notre guide et moi. Une fois encore, je suis gênée de profiter de la nourriture offerte par d’autres, mais la famille birmane a l’air de réellement tenir à ce que nous dégustions le repas qu’ils ont préparé. Une hospitalité vraiment exceptionnelle.

BILAN DE LA JOURNÉE

Cette journée fut inattendue, imprévue et c’est ce qui en fait toute la beauté. Ce que je retiendrai de ce moment privilégié, c’est l’amour que j’ai ressenti ici, entre les enfants, la bienveillance et la dévotion des moines et la générosité des Birmans en général.

Bien sur, les échanges ont été très limités en raison de la barrière de la langue. Mais il suffit parfois de quelques regards ou d’une simple atmosphère affectueuse pour se comprendre.

Pour ceux qui souhaiterait également faire un don à cet endroit, le monastère s’appelle Aung Thu Kia monastery, situé au village Pa Thein Gyi, juste avant Yankin Hill. Je recommande de ne pas y aller seul mais accompagné d’un local, ne serait que par respect et afin de faciliter compréhension (les moines ne parlent pas anglais).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s